Exemplarité : coupable contradiction

  • lundi, 29 mai 2017 15:20

Il est de bon ton d’affirmer la nécessité de l’exemplarité managériale. Celle-ci ne résulte pas uniquement d’une démarche individuelle, adoptée ou non par tel ou tel manager. Bien au-delà des classiques incantations et incitations, l’exigence d’exemplarité doit être prise en compte par l’entreprise dans sa gestion des carrières.

Ce principe essentiel est mis à mal quand une Direction assure un déroulement de carrière enviable à des personnes s'affranchissant volontiers de la préoccupation d'exemplarité. Les choix de promotion fondés sur l’alignement, voire l’allégeance, négligeant le critère exemplarité managériale, sont loin d'être exceptionnels. Ils ignorent le discernement des collaborateurs (managers ou non), qui généralement évaluent avec justesse les comportements managériaux de leurs hiérarchiques ou de leurs homologues. Chaque promotion d'un manager défaillant est un vecteur puissant de démotivation. La démonstration qu’en étant loin d'être exemplaire on peut accéder à un niveau supérieur de la ligne managériale fait prospérer le sentiment d’injustice, le relâchement de l’effort ou le cynisme. Elle abîme l'engagement individuel et collectif au quotidien, contrarie l'action managériale confrontée aux délicats enjeux de motivation, d'appropriation des changements, d'efficience et de performance.