Réhabiliter le risque

  • mardi, 14 novembre 2017 10:04

Les acteurs économiques, salariés comme dirigeants, se font mutuellement le procès de ne pas supporter la moindre prise de risque. 

Aux salariés, il est reproché de ne pas accepter la nécessité de changements imposés par l’environnement ou par l’ambition de l’entreprise, de se crisper sur les avantages acquis, de donner la priorité à des choix de vie qui réduisent fortement la mobilité, etc. Paradoxe (ou pas), les inerties attribuées au refus du risque sont notamment déplorées dans des entreprises plutôt protectrices.

Pour leur part, les actionnaires et dirigeants sont montrés du doigt pour leur propension à limiter toute prise de risque afin de garantir l’atteinte des objectifs de rentabilité à court terme. Le pilotage rigoureux de grandes organisations amène à réduire considérablement les marges de manœuvre des acteurs. Les leviers Objectifs et Règles sont surutilisés (et mal utilisés) alors que les salariés sont en recherche du sens et de l’intérêt du travail (apprendre, se voir confier de nouvelles missions, donner leur avis et leurs idées) qu’un management par les Compétences et les Valeurs peut leur apporter.

Parallèlement, comme l’indique le Baromètre Edenred-Ipsos 2016, 59% des Français se disent confiants sur l’avenir de leur entreprise quand les Allemands le sont à 90%. Les entreprises françaises sont-elles dans un état de santé si précaire que l’avenir inquiète 40 % de leurs collaborateurs ? On peut se demander si ce pessimisme n’est pas, plutôt que le résultat d’une analyse économique, la traduction d’une défiance entre acteurs : dirigeants, managers, managés. Quelle capacité avons-nous de dialoguer et regarder ensemble la réalité des dangers et des opportunités qui s’offrent à l’entreprise et à chacun de ses salariés ? Quels sont les risques et les bénéfices potentiels pour les salariés qui s’inscrivent dans des changements expliqués et bien conduits ? Quels risques menacent réellement l’entreprise qui fait le pari de la responsabilisation des acteurs ? 

Entretenir une dynamique positive passe par la réhabilitation du risque, qui demande que se manifeste clairement une confiance réciproque... Et réussir implique de renforcer la confiance mutuelle, qui ne vit que si les acteurs acceptent de prendre des (petits) risques ensemble.